Je suis féministe

Il y a des jours, comme ça, où pour contrebalancer la bêtise crasse qui s’étale sur les réseaux, me vient le besoin de m’exprimer. Bien sûr, il ne s’agit pas uniquement des réseaux, mais aussi des médias, de la culture, de la rue et de tous ces lieux d’expression qui nous sont disponibles à tous.

Dans ces lieux fleurissent des mots, des phrases, des pensées qui, sous couvert de la liberté d’expression, se permettent de rabaisser plus bas que terrenles différents, les pas comme eux, les critiquables et autres cibles de leur « humour ». En vérité, les auteurs de ces paroles me semblent confondre l’humour avec une toute autre pratique: le plaisir malsain, celui que l’on ressent en écrasant l’autre pour le seul profit de se sentir un peu moins minable soi-même.

La lecture de ces échanges bas de gamme m’inspire beaucoup de pensées peu flatteuses et que je préfère garder pour moi. Je suis déçue par certains de mes contemporains, bien sûr, je me dis que notre société a du boulot en terme de respect et qu’il existe toute une flopée d’abruti(e)s qui n’ont décidément rien compris à la vie. Mais surtout, je me rappelle ce qui me pousse à écrire jour après jour.

Les valeurs qui sont les miennes, le monde tel que je le vois et le futur tel que je le souhaite, n’existeront que si je leur donne forme et agis pour qu’ils deviennent réalité. Alors au lieu de m’énerver, voila :

Je suis féministe. Pour une libération de l’image de la femme, la fin des injonctions à être féminine, l’arrêt des inégalités entre homme et femme. Je lui suis aussi pour tous ceux qu’on affuble de caractères féminins et qui s’en défendent sans comprendre pourquoi.

Je suis humaniste. Pour la fin des jugements de valeur sans autre raison qu’une couleur de peau, une élocution, une façon de penser, un couac de travers, tous ces détails qui n’appartiennent qu’à nous et à personne d’autre.

Je suis écologiste. Parce que notre planète n’a pas fini de m’étonner, qu’elle nous nourrit, nous fait vivre et que j’en ai marre de la voir bétonnée sous prétexte d’améliorer notre confort d’humain. Rendons sa place maîtresse à la nature !

Et je n’ai pas honte de l’affirmer, ni aucune fierté. Ce sont mes combats personnels, mes petits boussoles intérieures quand tout autour de moi n’est que chaos et tempête. Rester droit dans ses bottes n’est jamais facile, nous avons tous notre lot de merde dans la tête, d’injonctions et d’idées reçues. J’ai encore du mal à ne pas m’écraser à coup « de merci, désolée du dérangement » face aux vieux mecs tout droit sortis des années 60 qui m’appellent « ma chérie » et n’imaginent pas un instant qu’une parole digne de leur intérêt puisse sortir de mes lèvres. Mais il en va de notre bien-être et de celui de nos proches de savoir identifier les paroles, les gestes, ces petits riens de la vie quotidienne qui nous font aller de l’avant et de s’y accrocher de toutes nos forces.

Ce que je sais, c’est que je ne dirai jamais à qui que ce soit ce qu’il doit faire ou ne pas faire dans la mesure où ça ne concerne que lui. Si ses actes empiètent sur mon intégrité ou celle de quelqu’un d’autre, alors il est important de considérer ses actions comme inacceptables et de le lui faire savoir. Qu’il s’agisse d’un homme, d’une femme, d’un politique ou d’un ami. Ce qui est d’autant plus compliqué dans un monde-village où tout le monde se permet de donner son avis sur tout et rien. Les jugements ne s’arrêtent jamais et j’en crève de nous voir juger le voisin, la voisine et leur cul avec sans penser que nos paroles ont un impact.

Pour cette raison, j’écris. Des histoires où il ne doit jamais être considéré comme anodin qu’un individu dicte à un autre comment il devrait se comporter. Des histoires où sont pointés du doigt les aberrations de notre comportement. A l’égard des femmes, parce que je me sens concernées de très près, mais aussi de tous les êtres humains, parce qu’il n’y en a pas un qui ne compte pas à mes yeux, et de la nature, parce que nous sommes tous dans le même bateau, du caillou au maître du monde en passant par les trucs dégeux et gluants planqués au fond de l’océan.

Avec tout ça, je sais ce que vous vous dites. Mais non, je ne suis pas utopiste 🙂

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2 réflexions sur “Je suis féministe

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